Sur le terrain de jeu des contraintes

C’est rien, ça va passer.

Combien de fois me l’étais je dis en marchant. Je trouvais le temps long et plus je trouve le temps long, plus mon esprit partait en vrille.

Tous les empechements sont-ils à rejeter ? Devrais-je pas plutôt voir la réalité en face à face avec moi-même et faire ami amie avec les contraintes du centre?

Je tournais en boucle, je faisais n’importe quoi dans le jardin. Le piège avec la méditation en marche, c’est que le cadre est différent de la salle où c’était plus motivant de rester concentrée une heure assisse à tenter de garder mon attention stable.

La vraie contrainte de la méditation en marche, c’est que de nouveau je me retrouvais vraiment toute seule comme tout le reste de l’année.

Je me suis retrouvé parfois avec un pique de cortisol en ne voyant pas la fin et en ayant peur de ne pas changer. Pourquoi n’as tu pas encore accepté ta solitude ? Tu sais bien dans les épreuves, y a pas grand qui t’as appelé ? C’est ça la vie. Tout le monde galère. Allez allez, la solitude au fond, je l’ai plus acceptée comme un désenchantement positif où personne n’aura de pouvoir sur moi.

Alors pourquoi avoir choisi de continuer la méditation en marche sous la pluie, quand la majorité des méritants étaient resté au chaud ?

Parce que, je n’avais aucune autre solution de rester au centre et continuer la retraite !

Quitte à faire de méditation et ne faire que ça, c’était plus poétique de marcher avec pluie et d’entendre les gouttes s’accumuler à la surface de mon K-way.

Sur le terrain de jeu des contraintes ! Tout est bon à prendre ou plutôt tout est bien à réapprendre.

Ah la liberté, c’est tellement bien mais qui est vraiment libre par ici ? A part les menteurs. Aucune idées.

Ah le plaisir, c’est trop cool, on profite de la vie et puis le jour où on est vraiment malade. On pleure. On regrette. Je suis passé par là. Je peux t’en parler. Sauf qu’un jour, j’ai eu un declic et j’ai décidé de me prendre en main et ne plus être suicidaire.

De nos jours, l’art de la contrainte est dévalorise où tout le système nous parfois rendu impatients et paresseux. L’art de la contrainte, c’est un jeu qui intéresse personne. Pourtant c’est presque sous nos yeux tellement visible, la vie parfois dans ses douleurs est une contrainte à elle toute seule. Je ne dis pas que j’ai tort ou raison. Le débat est ouvert !

Je reconnais peut-être que tout le monde n’a pas la même vision de la contrainte. Ça dépend. C’est à dire ? J’ai bien l’impression que cela depend des parcours de vie et la maturité de certains. A 20 ans j’étais fofolle. A 33 ans, j’ai réussie à franchir une étape supérieure où j’arrive même à rire de certaines contraintes qui m’ont saoulé au début de l’avc.

Comme me disait souvent ma mère « Dans la vie, on ne fait toujours ce que l’on veut. » C’est vrai, autant composé avec la contrainte.

Pourquoi pas en profiter pour revoir son attitude et adopter un état d’esprit plus philosophique. Ce n’est pas donné à tout le monde. Au même titre que le lâcher prise pour mon cas est une affaire personnelle et un entraînement aux multiples dimensions.

La contrainte, cette vraie frustration qui va tester vos limites. Voilà le processus, ça devient intéressant peut être quand on a de cesse comme moi de toujours vouloir jouer à les limites. Cela m’a valu des tours et j’en ai pas toujours assumé les effets.

Et quand j’étais plus jeune, j’étais si jeune et sauvage, que je ne voulais entendre parler de rien.

Combien de fois ai-je écoute les plus jeunes que moi « Je fais ce que je veux » etc.

Seulement parfois dans la vie, si on veut passer à une étape supérieure, la condition indispensable à tout changement est la contrainte.

Je me doute bien que tout le monde ne pense pas comme cela. Surtout dans une société basée sur l’ego et le « moi-je je profite avant ma mort »…où les petits bourgeois boivent le samedi soir la dialectique de M.Onfray à la télé avec ses obsessions à jouir de la vie.

On vu ce que cela a donné, il a été victime lui aussi d’un avc où en plus il s’était permis de qualifier les médecins de guignols. Ah bah bravo ;) Michel, je t’ai réserve un petit week-end de méditation. Je compte sur toi. Tu m’oublie pas !!

Pour ma part, au centre la pire des contrainte au centre n’étaient ni les horaires ni le silence etc.

Au début la pire contrainte était de parler de mon état de stress à l’enseignante et je me suis rendu compte que c’était devenu l’inverse dès le deuxième jour.

J’avais hâte de me débarrasser des pensées etc et de rester concentrer sur le fait que l’enseignante me guide pour progresser au maximum.

Alors, oui, la pire contrainte était le moment des repas où il fallait attendre dans le froid le matin et en plus manger des trucs très bons mais pas à mon goût. Et vu que je commençais à avoir faim, j’ai bien fini paradoxalement à apprécier les choses préparées avec amour par les bénévoles.

Comme quoi même en ayant des problèmes de boulimie et sur d’anorexie, j’ai presque eu un certain plaisir à aimer ce qui ne nous le semblait pas.

Comme quoi tout est possible !

Laisser un commentaire

Eliphas Levi |
Laplumequivole |
Ribambelles de mots |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Toutpoeme
| Bradeley2004
| Ewingfranks8