Aux retrouvailles du Dana

Ma folie avait refait surface aux portes de la gare de Lyon. Il y avait-il encore des êtres humains qui se regardaient en attendant leur destination de vacances ?

C’est quoi ça ? Ils sont mariés à leurs téléphones portables. Hello les gens, même si on se parle pas, on peut se regarder.

Echafauder la vie de l’escalier de l’âme, gravir par un mouvement, un lien universel :  un sourire gratuit intemporel.

Vive les kinés, ils vont tous finir milliardaires à réparer dès le plus jeune âge des cervicales en mode girafe. Jetez-moi ça les télés, les téléphones, les pornos ! Redonner sens à cette humanité.

J’étais en flippe de me reconnecter à la réalité de la métropole. Autrement dit, j’étais en décalage. Je me sentais bien seule.

De plus, je n’avais même pas commencé la retraite que j’étais déjà dans une couche supérieure de la stratosphère. Autrement dit à la veille de mes règles, je n’avais pas besoin de fumer pour être défoncée.

Quelle chance cet avc, comme quoi, c’est assez efficace les effets secondaires ! Comme quoi l’être humain est parfait dans ses fragilités…

L’espace de quelques secondes, le mec n’avait même pas fini sa phrase que je lui avait déjà donné mes palets bretons.

Tu veux quelques choses à manger ?

Pas de souci, mon chéri, je te donne tout ! La carte handicapé, tu veux ? Ma clé de voiture ? Du Kardégic ?

Je n’invente rien. Je donne tout j’en ai rien à faire. Je te donne tout sauf mon corps et mon cerveau.

L’espace temps d’un échange de regard. Mais oui, je veux bien te parler, je ne suis pas sauvage.

On parle la même langue, c’est bien cela ? Tu veux une pièce, c’est ça. Moi je ne fais pas chichi, je fais dans le concret, pas question que tu t’achètes de la piquette mec avec mon argent. Ah je les connais par coeur !

A la croisée des êtres humains. Partageons, ensemble des palets bretons, mon chéri.

Chantons ensemble sous la pluie pour plus d’amour bienveillant. Dansons même en attendant que le soleil réchauffe les coeurs.

Juste avant de m’engouffrer dans l’enfer musical d’un ter vers la Bourgogne.

Juste avant mon ancienne vie.

Aux retrouvailles du Dana, au coeur de la pratique.

Même quand on est pauvre comme moi en longue maladie, on peut donner quelques secondes de sa vie, un sourire sous la pluie, un petit truc pour se rappeler qu’ici, la plus de belle de mes valeurs est de donner un peu de moi-même.

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