Au coeur de la sensibilité de la salle d’interview

Au cœur du premier jour de la retraite Vipassana, en étant concentrée un minimum et imbibée parfaitement de l’ambiance silencieuse de cet espace-temps, je m’étais rendue compte en observant mes pieds dans la salle d’interview sur le tapis que ce n’était pas si compliqué que ça de parler de mes sensations pendant les médiations.

En fait, je m’étais aperçue, que j’étais passé de la peur de ne pas savoir quoi dire à l’enseignante durant les entretiens à la peur d’écouter et de me prendre en pleine poire les émotions et le passé des autres yogis de mon groupe que j’aimais tellement.

Parce contre, je me souviens un matin d’avoir écouté dans la salle d’interview, les sensations verbalisées de la part de ma voisine de coussin et je reconnais que c’était pour moi, extrêmement compliqué d’entendre de si près sa souffrance.

Elle décrivait de façon précise au niveau de son corps le pourquoi du comment à chaque méditation assise, elle sentait son coeur s’emballer.

Queleffet ça lui faisait en repensant à un truc grave de sa vie de femme que je tairais ici-même par respect pour ma chère et tendre « collègue » de retraite.

Dans cette salle d’interview toutes les émotions négatives et positives sont arrivées comme elles sont parties. Voilà, c’est la vie.

Au coeur de la sensibilité de la salle, dans ce groupe de débutants, à mon avis l’enseignante a du halluciner parce que combien de fois entre yogis on s’était regardé dans les yeux. La, disait Hélène, c’est exceptionnel, votre groupe là ! C’est parce que vous êtes débutants.

Peut-être que dans cette salle des entretiens, inconsciemment prenait forme un soupçon de relâchement de l’attention ? Ou peut-être que je me trompais ? En tous les cas, oui je reconnais que je me suis relâchée vite mon attention.

A y voir de plus près, le truc c’est que plus les jours passés et en revenant dans cette salle, j’ignorais bien jusqu’à la dernière seconde qu’est-ce que j’allais répondre à l’enseignante.

Car cela même moi, j’étis même-moi été étonnée en bien. Même en étant débutante, le fait d’être recentrée sur soi et de n’avoir que ça à faire du séjour, le cerveau se calme plus ou moins lentement et ça évite de réfléchir aux réponses à donner à l’enseignante…

Le seul truc plus capricieux me concernant suite à l’avc, c’est que ayant des problèmes de mémoire immédiate, combien de fois ai-je dit à l’enseignante « Ah la je ne sais plus, je voulais te dire un truc mais euh… » Y a t-il un pilote dans le cerveau de Madame ?

Sinon, au bout du troisième jour, j’ai cru comprendre qu’un méditant était rentrée chez lui. Le truc, c’est que lui j’avais cru en l’écoutant qu’il était un peu comme moi avant de faire ce chemin, il était un peu au bout de sa vie et de ses peurs, il était peut-être trop sensible pour ne plus avoir peur de ses émotions ?

Hélène un matin avait très bien expliqué la métaphore des émotions, dans un bain au-dessus à la surface, vous avez la mousse, « ça » ce sont les émotions et en-dessous en profondeur il n’y a plus de mousse, « ça » c’est encore plus intéressant.

C’est la que la méditation fait toute sa différence. La surface, l’extérieur c’est quoi ? C’est rien mais le liquide interne, tu vois tu le sens ?

Mais pour revenir au yogi qui avait quitté la retraite, il avait dit durant le premier entretien qu’il s’était trompé en venant au centre et qu’il pensait en venant ici trouver une sorte d’exutoire et de quoi faire du sport pour la semaine. Il n’a pas été déçu du voyage.

Bouddha en Off a essayé de lui remonter le moral avec des petits sms positifs à la pause ou plutôt Hélène avait du le remotiver mais visiblement il avait le mal du pays, le coeur n’y était pas.

Ah Vincent, c’était mon chouchou, un beau nounours d’un mètre quatre-vingt de mon âge avec fort probable, un lourd passé traumatique.

Jesentais chez lui une belle sensibilité touchante pour un jeune homme qui me parlait bien et me semblait presque rassurante mais il n’a pas eu le temps d’en parler en salle d’entretien.

Son mental lui a fait faux bond. Il a rendu en silence les clés de sa tente et a fait un bisous au Bouddha.

Juste après, il a pris la fuite sous un soleil de feu et j’avais presque regretté de ne pas avoir pu choper son numéro !

Dis-donc, petite maline mais c’est qu’elle ne perd pas le Nord. Tu ne confonds pas le centre avec un site de rencontres ? En même temps, ce n’est pas faux, original du moins pour quelqu’un qui prétend ne plus s’attacher.

Alors bien sûr, étant hypersensible comme lui, je m’étais demandé qu’est-ce qui avait fait que je n’avais pas pris la fuite et que j’étais resté à enchainer les cinq jours ?

Parce que, de part ma vraie nature, si il y a bien une chose que j’avais toujours expérimentée sans le vouloir forcément, et paradoxalement au coeur même de toute ma sensiblerie de grande anxieuse que je suis et de mes facettes artistiques, c’est bien la détermination qui fait la différence.

C’est même une des valeurs clés dans la pratique de la méthode Vipassana.

T’inquiète la vie, elle est là avec toi, elle sera toujours là pour te redonner du courage. T’inquiète, quoi qu’il arrive, tu auras toujours des piqures de rappel.

Le truc est d’avoir confiance et de trouver la bonne attitude entre la discipline et le lâcher-prise.

T’inquiète Vincent, je suis loin d’être une championne mais étant hypersensible de haut niveau, j’arrive depuis peu grâce à la méditation mieux à voir de l’intérieur mes émotions négatives et en les notant, c’est le plus important.

L’enseignante l’a dit et redit, cela fait parti du processus pour se purifier.

Pendant combien d’années j’avais rejeté ma sensibilité à m’en vouloir de trop prendre les émotions des autres et de ne pas être plus stoïque comme certains ?

 

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