A la croisée du chemin de la vraie vie !

65640906_10215373264589072_7117998503082590208_oCe matin là, il était tôt et il faisait un temps humide. C’était un onze novembre français, pluvieux comme je les aime. Une raison de plus, pour ouvrir mes volets avec un grand sourire et choper des affaires de rechange pour l’après course.

J’étais surexcitée. Etant enfin prête pour le premier objectif sportif, un peu plus de cinq mois après l’avc. J’étais de nouveau en train de galoper et de réaliser tout ce que j’avais pu avoir réalisé comme effort depuis les cinq derniers mois.

J’avais pris le temps la veille de me préparer à manger et de me coucher très tôt. Un joli programme m’attendait pour une matinée qui allait être riche en émotion.

Début juin 2018, quelques jours après l’avc, je m’étais engagée à être sur la ligne de départ des Randos du Coeur. J’avais gardé cette idée dans ma tête en en parlant de rare personne comme la psychologue où je crois même que je l’avais gravé par écrit.

A ce moment là, étant hospitalisée et en fauteuil roulant, incapable de marcher, il me fallait ce petit plus pour me motiver et me dégager le plus vite possible de cette situation, ô combien frustrante.

Ce onze novembre là, trois heures avant la course où j’ai opté pour la plus courte, les 6 kilomètres, touts les éléments étaient réunis pour en décourager plus d’un.

C’était un dimanche, il pleuvait, il faisait froid. Et le détail qui tue, avant la course, j’avais sept kilomètres à faire avant en vélo ou à pied car j’étais en attente du nouveau permis.

Bien sûr, j’aurai pu braver l’interdit de la loi et conduire ma voiture et bien sûr mon éthique personnelle m’a bien rappelé que ce n’était pas le genre la maison.

Alors quoi ? C’est trop bien de pouvoir sortir de sa zone de confort et de me sentir vivante.

Après de bonnes heures de marche, je rigolais, j’en avais croisé des voitures et des voitures qui allaient à la course. Je me disais en moi-même, ok tant mieux, quand eux ils seront en train de s’échauffer je serai en train de récupérer de mes sept kilomètres.

Ca monte vite aux cerveau les avc pour certains ? Pourquoi tu dis, ça ? Oui, c’est comme ça ! Oui c’est vrai, je reconnais que c’est ma nature vraie parfois d’être inconsciente et de vouloir trop en faire, physiquement ou autre. Et je reconnais au passage que dans une ancienne vie de ce lointain passé d’avoir été soldat n’a pas été matière philosophique pour pouvoir viscéralement me raisonner.

Au fond avec plus de recul, je reconnais que le sport m’a sauvée et m’avait au moins forgé un truc de fondamental dans la vie, avoir ce goût de l’effort et chercher peut-être autre chose derrière. Le sport, dès mon plus jeune âge avait toujours été un moyen le plus radical de fuir ma réalité familiale et les manquements divers, entre ma mère présente-absente et mon père imposant ses idées liberticides à ma jumelle et moi dans une maison (pour moi) fantôme…où les femmes n’étaient pas les bienvenues…

Bref merci Papa ! Et te souviens-tu que j’avais fais une jolie médaille de bronze dans course non négligeable de la caserne ? T’inquiète même si je m’en souviens, je n’ai plus aucune photo de l’armée car j’ai choisi de passer à autre chose, d’être fière de mon corps de femme et me faire comme seule et unique priorité, moi-même.

Une fois arrivée devant le parking et m’approchant des stands, j’étais en train de galérer pour récupérer dans le fin fond de mon sac, l’argent pour mon dossard (oui c’est une petite course locale donc une organisation plus artisanale, c’est ça qui est bien).

A la croisée de nos regards, sous le stand à l’abri de la pluie, j’avais revu Sophie qui m’avaient pris mon inscription pour la course. Je l’ai reconnu de suite mais elle avait eu un gros doute ou du moins très certainement

J’avais cru entendre qu’elle même ne réalisait pas que j’étais en face d’elle, débout, sous la pluie, bien dans mes baskets avec un grand sourire pour aller galoper six kilomètres Je sais que moi-même, j’avais aussi du mal à réaliser le chemin effectué et toutes ses belles victoires.

Avec Sophie, on s’était croisée en réeduc, j’aimais bien parler avec elle. A l’époque au coeur d’un été dans l’Orne, elle souffrait de son dos après des années de pénibilité au travail et moi j’étais en fauteuil roulant.

On se parlait de temps en temps en fin de journée après le dîner. En vrai, on se débarassait entre nous des vraies angoisses et  frustrations ; on faisait semblant d’accepter la situation avec une notion de l’espace-temps qui souvent était un peu subi, surtout le soir.

Très gentiment, Sophie, me poussait en fauteuil et on allait se balader avec les autres avant la nuit.

Sentir tous ensemble l’odeur de la vraie vie loin des murs et des béquilles, sentir nos silences et sourires raisonner ; plus proches des fleurs comme de la faune et la flore et sûrement donc aller cueillir dans nos regards, le parfum de l’içi et maintenant, celui de la liberté.

 

 

 

 

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